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  • JULIAN RONIN LYON

    bienvenue

    ici

    je rénove des classiques de la poésie française, toutes époques confondues

    (et parfois

    dans des hors-séries

    je publie mes propres poèmes)

    chaque rénovation respecte la taille, la structure et le ton du poème originel

    mais pas son thème ;

    soit par choix personnel

    soit par souci de contemporanéité

    Julian Ronin

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  • La lune est blême au dessus du balcon ;

    Dans une sphère d’immeubles, la ville

    S’endort furieuse, et la sirène file

    Par les rues bleues où chauffe le béton ;

    Les fenêtres des autres ferment vite ;

    Des néons prônent du centre aux lointains,

    Grands et vairons, leurs rôles incertains ;

    Vers le trottoir se traîne une aphrodite ;

    Les soiffards se rejoignent, et en bruit

    Se rendent libres avec quelques gouttes,

    Et le zénith s’allège de leurs doutes.

    Masquée, Vénus émerge, et c’est la Nuit.

    JULIAN RONIN

  • O toi, le plus brillant et le plus beau des Dieux,
    Ange des échanges et du verbe obséquieux,

    O Argent, guide moi dans ma longue misère !

    O Prince des siècles, à qui l’on doit la vie,
    Et qui, divin, pourrais exaucer toute envie,

    O Argent, guide moi dans ma longue misère !

    Toi qui prends tout, grand roi des choses trop humaines,
    Qui nous suit de la naissance aux voies souterraines,

    O Argent, guide moi dans ma longue misère !

    O toi qui, même aux chanceux, aux gens bien lotis,
    Enseignes par l’âge la valeur de ton bruit,

    O Argent, guide moi dans ma longue misère !

    Toi qui contre la Mort, vieille et forte rivale,
    Créas le Testament, – une arme familiale,

    O Argent, guide moi dans ma longue misère !

    O puissant décideur qui du haut vers le bas
    Maîtrises les peuples mais aussi leurs États,

    O Argent, guide moi dans ma longue misère !

    Toi qui obsèdes autant les pauvres athées
    Que les higoumènes sans cesse à tes côtés,

    O Argent, guide moi dans ma longue misère !

    Toi dont la forme change encore avec le Temps
    Car jamais tu ne dors, jamais tu ne te rends,

    O Argent, guide moi dans ma longue misère !

    O invisible main, aubaine de nos terres
    Dont l’amour se gagne, n’en déplaise aux confrères,

    O Argent, guide moi dans ma longue misère !

    O vérité systématique, qui divises
    Et qui rassembles auprès de toi toutes devises,

    O Argent, guide moi dans ma longue misère !

    Toi qui, mécaniquement, ouvres mille portes
    Car parmi tous les codes, seul toi importes,

    O Argent, guide moi dans ma longue misère !

    Toi qui poses ta marque, ô complice subtil,
    Sur le front de Bezos redoutable et viril,

    O Argent, guide moi dans ma longue misère !

    Ô génie, facilitateur de séduction,
    Qui rends l’âge aux hommes, aux femmes la passion,

    O Argent, guide moi dans ma longue misère !

    Père de la Beauté, langage universel,
    Océan infini qui ajoutes du sel,

    O Argent, guide moi dans ma longue misère !

    Protecteur des êtres bons comme des ingrats,
    Qui vis dans une sphère ou en dessous des draps,

    O Argent, guide moi dans ma longue misère !

    PRIÈRE

    Gloire et louage à toi, Argent, sur le gras compte
    Du riche, où tu régnas, et sur le maigre compte
    Du pauvre, où, très rouge, tu rêves en silence !
    Fais que mon coffre un jour, au moyen de ma science,
    S’emplisse de ton corps, et que ton nom résonne
    Comme le feraient des chiffres pesés à la tonne !

    JULIAN RONIN

  • Je connais le ciel par l’étoile,
    Je connais plus d’une merveille,
    Je connais le peintre en sa toile,
    Je connais la reine et l’abeille,
    Je connais le bouche-à-oreille,
    Je connais Youtube et le meme,
    Je connais tout, mieux que moi-même.

    Je connais la force du vent,
    Je connais l’amour d’une mère,
    Je connais l’homme quand il ment,
    Je connais la foule en colère,
    Je connais la valeur d’un frère,
    Je connais l’excès, le carême,
    Je connais l’argent, la galère,
    Je connais tout, mieux que moi-même.

    Je connais la tête et le pied,
    Je connais les griffes du chat,
    Je connais l’aide d’un trépied,
    Je connais l’effort, le plagiat,
    Je connais l’art de l’entrechat,
    Je connais la drogue, le baptême,
    Je connais l’enjeu du climat,
    Je connais tout, mieux que moi-même.

    En gros, je connais tout constat,
    Je connais usine et poème,
    Je connais le Tout, son état,
    Je connais tout, mieux que moi-même.

    Julian Ronin